Chili : un bout de Carretera Austral

Pour faire simple, la Carretera Austral, au Chili, est une route qui va de Puerto Montt à Villa O’ Higgins . C’est une partie de la Patagonie encore très authentique et peu touristique, surtout en dehors de la haute saison (de décembre à février). C’est l’une des plus belles régions du pays, avec des routes magnifiques et des paysages à couper le souffle, entrecoupés majoritairement de toutes petites villes paisibles.

Les infrastructures de la région (transports, logements) ne sont pas particulièrement développées. Le meilleur moyen de la découvrir est avec son véhicule (encore plus si c’en est un dans lequel on peut dormir).

Si vous êtes à pied, le stop est apparemment un bon moyen d’avancer (quand il y a des voitures qui passent…) et il faudra vous attendre à chercher un hébergement sur place, en frappant aux portes et vous renseignant auprès des locaux. Il y a toujours des hospedajes ou cabañas (similaires aux Bed and Breakfast) mais vous ne les trouverez pas forcément sur internet et ils ne seront pas toujours ouverts ou disponibles à votre arrivée.

Il y a également un réseau de bus mais la fréquence de ces derniers est… limitée. Il y a souvent seulement un à deux bus par semaine (oui, oui, par semaine) qui dessert la destination. Le mieux est donc de se renseigner en arrivant pour prévoir la suite du parcours en fonction.

Allez, tout ça c’est le côté pratique contraignant mais c’est aussi ce qui donne du charme à la Carretera Austral. On a souvent eu l’impression d’être les seuls étrangers (et parfois les seuls tout court).

La Carretera se mérite, se fait désirer mais a également et surtout beaucoup à offrir ! Nous en avons été conscients pendant notre périple de Chaitèn à Chile Chico effectué les 10 premiers jours de novembre.

 

Une entrée en matière pluvieuse à Chaitèn

 

Pour atteindre cette première étape, nous avons pris un bus depuis Bariloche en Argentine jusqu’à Puerto Montt, une ville sans intérêt mais de laquelle nous avons pris un ferry de nuit jusqu’au village de Chaitèn.

A notre arrivée, nous avons vraiment eu l’impression d’avoir débarqué dans une ville fantôme (impression accentuée par la météo maussade). Nous étions absolument seuls dans les rues, accompagnés de quelques chiens errants et nous avons dû frapper à plusieurs portes avant de trouver une chambre. C’est au Rio Pillan (25 € la nuit pour une chambre privée, sdb commune, sans petit déjeuner) qu’on a trouvé un lit et qu’on a pu allumer un feu pour nous réchauffer.

Chaitèn est un village « tout neuf ». En effet, il a été reconstruit à la suite de sa destruction par l’éruption du volcan qui porte le même nom en 2008.

Le véritable intérêt est d’ailleurs de faire la randonnée qui mène vers le cratère de ce volcan dans le Parque National Pumalin. Il est facile d’accès puisque l’ascension n’est que de 1h30. Pour arriver jusqu’au sentier de la randonnée, si vous n’êtes pas véhiculés, vous pouvez tenter de faire du stop ou alors passer par une des agences qui proposent des excursions.

Nous n’avons pas pu faire cette randonnée, la météo étant vraiment trop mauvaise (les prévisions étaient également horribles pour les jours suivants). Pour ne pas « perdre notre journée », nous avons fait une excursion guidée avec un groupe dans le parc Pumalin. Nous avons ainsi vu le volcan Chaitèn et ses fumerolles (de loin et voilé), la végétation sauvage et luxuriante et une cascade.

Avant de rentrer et après un repas convivial au bord d’un lac, nous avons également fait un arrêt à la superbe plage de sable noire Santa Barbara. Nous avons pu y observer des otaries joueuses. On y voit également souvent des dauphins. Ça a été notre moment préféré de la journée !

Près de Chaitèn, il y a aussi les termes d’El Amarillo qui sont apparemment très agréables.

 

Pause à Coyhaique

 

La pluie en voyage, c’est pas cool. La pluie qui dure plusieurs jours quand on est dans une ville paumée, c’est pire. Au regard des prévisions météorologiques et des possibilités de transport que nous avions depuis Chaitèn (deux bus par semaine qui continuent vers le sud), nous avons dû adapter notre programme.

Nous avions prévu un arrêt à Puerto Puyuhuapi, à proximité du Parque National Queulat. Le secteur Ventisquero de ce dernier offre des possibilités de randonnées à la journée et notamment une vue sur un glacier suspendu. Avec les facteurs énoncés ci-dessus et si on avait suivi le plan, on n’aurait pas pu marcher et on serait restés bloqués plusieurs jours dans une ville de 600 habitants.

On a donc décidé de passer une journée dans le bus et de rejoindre directement Coyhaique, la seule vraie ville de la Carretera Austral pour attendre le retour d’un meilleur temps.

Coyhaique est la capitale de la région d’Aysen, c’est grand et développé, il y a même un aéroport. L’ambiance y est toutefois très tranquille. Le centre est mignon et les montagnes alentours donnent du charme à l’endroit. Il y a aussi beaucoup d’agences qui proposent des excursions à la journée vers d’autres endroits de la Carretera Austral.

La ville est très proche de deux réserves nationales, celle de Cohyaique et celle de Rio Simpson.

L’office du tourisme donne de bonnes informations.

On a passé quelques jours à attendre le soleil, installés à l’hostel Aumkenk Aike (25 € pour une chambre privée, sdb commune, sans petit déjeuner). L’établissement est excentré mais vraiment sympa, le propriétaire est adorable et de très bons conseils.

Nous n’y avons pas fait grand-chose à part manger des pizzas chez Mama Gaucha (on recommande, même s’il fait beau !).

 

Coups de cœur entre montagnes, lacs et glacier

 

Depuis Coyhaique, un bus part tous les matins (c’est assez rare pour être souligné) vers le sud avec pour terminus Cochrane. Sur cette route, deux arrêts incontournables selon nous : Villa Cerro Castillo puis Puerto Rio Tranquilo.

Villa Cerro Castillo est (encore une fois) un petit village au pied de l’imposant Cerro Castillo. Cette montagne a une forme bien reconnaissable et magnifique.

Un des plus beaux paysages de la Carretera Austral est le point de vue sur la lagune du Cerro Castillo. On y accède grâce à une randonnée (sentier payant) qui débute dans le village. La météo était parfaite quand nous y étions pour l’effectuer, à un détail près : la neige qui n’avait pas encore assez fondue… Il était encore trop tôt dans la saison, le chemin était donc inaccessible et fermé.

La (grosse) déception digérée, nous sommes passés au plan B : une randonnée facile jusqu’à un site de peintures rupestres (accès, 1€ par personne). Il s’agit en fait de marques de mains comme on en observe à plusieurs endroits en Patagonie (chilienne et argentine). C’est assez insolite et surtout la ballade est agréable avec de jolis points de vue (particulièrement sur le Cerro Castillo).

Après avoir toqués à plusieurs portes sans succès, nous avons finalement dormi dans l’hospedaje de Gemita (35 € pour une chambre privée, sdb commune, avec petite déjeuner).

Le petit plus, c’est de pouvoir capturer l’image du Cerro Castillo au lever du soleil en restant dans son lit (et en se rendormant une fois que c’est fait !).

Puerto Rio Tranquilo, c’est un petit écrin bleu que nous avons rejoint le lendemain avec le bus de la ligne Coyhaique-Cochrane. C’est une des plus belles routes qu’il nous ait été donnés de voir. Les quelques heures passent à une vitesse folle avec de tels paysages de l’autre côté de la fenêtre.

Et puis là-bas, on s’est émerveillés devant le lac et les montagnes, on a navigué jusqu’à des sculptures marbrées et marché sur et dans un glacier (rien que ça !). Ça été une étape tellement incroyable qu’on en a fait un article dédié à lire ici.

 

La presque argentine Chile Chico

 

La Carretera Australe continue encore vers le sud avec d’autres points d’intérêt (Puerto Bertrand, Tortel, Villa O’Higgins…) mais devient aussi de plus en plus sauvage et encore plus difficilement accessible. A Villa O’Higgins, il n’y a carrément pas de route qui descend plus au sud.

Nous avons fait le choix de poursuivre vers Chile Chico à l’est avec l’un des deux bus par semaine qui partent de Puerto Rio Tranquilo.

Chile Chico est surtout une ville de passage. On y vient pour passer la frontière vers l’Argentine, Los Antiguos d’où les bus partent ensuite vers El Chaltèn et El Calafate est seulement à 10 minutes de route.

On y a pourtant fait un vrai stop, profitant de ses faux airs de ville de Far West en bord de lac et consacrant une journée au parc Jeinimeni (Il est indispensable de passer par une agence pour accéder au parc si l’on n’est pas véhiculé).

Cette réserve offre un large choix de sentiers. Nous avons fait une boucle de 8 km, le circuit Piedra Clavada – Cueva de los Manos – Valle Lunar.

La randonnée est facile et les paysages changent d’une étape à l’autre : des canyons, des formations rocheuses, des chevaux, des guanacos, des grottes avec des peintures rupestres… Le plus spectaculaire est la vue sur la Valle Lunar et ses différentes couleurs (vert, jaune, orange, blanc).

Nous logions au Rio Baker (appartement complet, 25€).

Une jolie étape avant de continuer notre exploration de la Patagonie, côté argentin.

La Carretra Austral, ça a vraiment été les montagnes russes pour nous : de l’agacement à ne pas trouver facilement comment se loger ou se déplacer, de la déception face à ce que la météo nous a empêchés de faire mais aussi et surtout de l’émerveillement qui nous a confortés dans l’idée qu’il faut indéniablement goûter à cette route du Chili.

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