Chili : Le désert d’Atacama en 4 jours

Le désert d’Atacama, dans le nord du Chili est une région merveilleuse où l’on découvre des endroits magnifiques et parfois presque irréels. Promis, ce ne sont pas des hallucinations dues a la haute altitude !

La ville de San Pedro de Atacama est le point de chute pour sillonner les alentours. On rayonne la journée vers les différents endroits  à visiter en revenant tous les soirs. Nous avons logé dans la Casa de Mathilde, on s’est rarement sentis aussi bien dans un logement (la propreté, l’aménagement, les prestations, la gentillesse des hôtes), on ne peut que recommander !

San Pedro de Atacama est un village modeste, non goudronné et où la couleur ocre prévaut. On aperçoit un peu partout les volcans imposants tout atour. Il y a 4 ou 5 rues animées où l’on trouve les bars, restaurants, commerces… Si vous êtes en manque des boulangeries françaises, foncez à la Frenchuteria. Les sandwichs au pâté, le pain, les croissants, les pains au chocolat et tous les autres produits sont aussi bons (voire meilleurs) que dans notre patrie gastronome. Leur slogan ne ment pas : un oasis de bon pain au milieu du désert !

Il y a surtout des dizaines d’agences pour effectuer les excursions et visites. Vous pouvez passer toute une journée à comparer les offres et les prix ! On ne pourra pas en recommander une puisque nous avons préféré découvrir la région avec notre propre moyen de transport et ne pas dépendre d’un groupe ou d’horaires. Au final, être autonome et libre permet également de faire des économies, c’est tout bénef !

Comme pour notre roadtrip dans la région de Salta, nous avons partagé une voiture avec d’autres personnes (nous avions passé une annonce sur un groupe Facebook). Nous étions 5 dans le véhicule, un 4×4 Dacia Duster. Dans ce contexte, le coût de transport (location et essence) nous est revenu à 16 € par jour et par personne. Certains choisissent de louer des voitures plus économiques mais aussi plus basiques. La plupart des routes sont des pistes, une citadine peut éventuellement faire l’affaire…. Ou pas, selon votre programme et votre confiance !

Nous recommandons de louer un véhicule à Calama, à une heure de route de San Pedro de Atacama. Les loueurs sont plus nombreux et les prix beaucoup plus abordables. Il est possible de louer une voiture à San Pedro mais le choix est beaucoup plus restreint et sans avoir réservé à l’avance, il est même possible de ne pas trouver de véhicule disponible. Attention toutefois, Calama est une ville qui peut être dangereuse, il vaut mieux récupérer la voiture et partir tout de suite en évitant d’y passer du temps.

Bien que ce soit l’un des déserts les plus arides du monde, le climat de la région a beaucoup changé ces dernières années et des épisodes de forte pluie ne sont plus rares à certaines périodes. C’est ce que nous avons vécu. La météo était instable pendant les 4 jours, nous avons eu du très beau temps mais aussi des heures entières d’orages violents. Nous n’avons pas pu accéder à certains endroits, soit parce qu’il pleuvait trop, que la route était inondée ou même parfois qu’elle s’était carrément effondrée.

Malgré ces ajustements en fonction de la couleur du ciel et de l’état des routes, nous avons adoré découvrir une grosse partie des merveilles du désert d’Atacama. Suivez le guide !

 

Jour 1 – Lagunas Miscanti, Minique, Talar et Tuyaito

 

Pour cette première journée, nous avons suivi la route 23-CH au sud de San Pedro de Atacama. Nous nous sommes tout de suite rendus compte que rien que de rouler dans ces paysages était déjà un plaisir pour les yeux.

Le premier arrêt incontournable est le panneau qui indique le passage sur le Tropique du Capricorne. Après la Namibie, le Paraguay et l’Argentine, nous avons une photo de plus à notre collection.

Plus loin, nous avons passé un long moment autour des deux lagunes Miscanti et Minique très proches l’une de l’autre, deux merveilleuses sœurs. La couleur de l’eau est superbe, autant que les cerros en arrière-plan. Ajoutez à cela la présence des guanacos et des flamands roses et c’est le coup de cœur assuré ! On peut s’approcher tout au bord de la laguna Miscanti, la vision est plus en hauteur pour la laguna Minique (on a eu une petite préférence pour cette deuxième). Le droit d’accès pour les deux lagunes est de 3000 CLP.

En prolongeant votre route et tout à coup, vous serez subjugués par la vision de la laguna de Talar et des Piedras Rojas avec la couleur blanche surmontée des cerros noirs. C’est tellement beau qu’on a l’impression de voir un mirage…

Si vous continuez encore quelques kilomètres, la laguna Tuyaito vous attend. Malheureusement, le ciel se couvrait quand nous sommes arrivés, nous imaginons comme elle doit être encore plus belle avec un ciel dégagé.

Nous vous conseillons de prévoir un pique-nique pour cette journée. Le seul endroit sur la route pour trouver de quoi manger est le petit village de Socaire et il se situe avant les lagunes Miscanti et Minique.

Vous pouvez intégrer à cette journée la visite de la laguna Chaxa (en début ou fin de journée). C’est un des endroits où l’on observe le plus de flamands roses. Elle n’était pas accessible pendant notre séjour officiellement pour que la faune et la flore se régénèrent.

 

Jour 2 – Ojos de Salar, Laguna Cejar et Vallée de l’Arcoiris

 

Nous avons débuté la seconde journée à 10 heures puisque c’est à cet horaire qu’ouvre le portail qui donne accès à cette partie juste au sud de San Pedro de Atacama.

Nous avons tracé jusqu’à la lagune Tebinquinche que nous n’avons pas trouvée exceptionnelle. On ne s’est donc pas attardés et nous n’avons pas payé le droit de passage qui permet de la longer, la visibilité est suffisante depuis le parking.

Ce que nous avons vraiment apprécié, tout près, ce sont les Ojos de Salar, ces trous remplis d’eau qui permettent de bien profiter de l’effet miroir !

Nous avons ensuite repris la direction de San Pedro et avons découvert la laguna Cejar. Nous conseillons d’y aller le matin, le prix est moins élevé (10 000 CLP au lieu de 15 000 CLP). Le site est bien aménagé avec des douches et des vestiaires. La lagune n’est en soi pas très jolie mais l’intérêt réside dans une spécificité : on y flotte !

En effet, la laguna Cejar possède une concentration en sel 40% supérieure à la normale. On retrouve donc le même effet que dans la Mer Morte (une de nos meilleures expériences en Jordanie). On a l’impression d’avoir des super pouvoirs quand on sent son corps rester à la surface ! Attention, il ne faut pas mettre la tête sous l’eau, ça peut faire très mal, notamment aux yeux.

Nous sommes restés plusieurs heures à profiter de cette baignade particulière, même l’eau un peu fraîche ne nous a pas freinés !

Après une pause déjeuner dans San Pedro (jamais assez d’empanadas), c’est la vallée de l’Arcoiris qui était prévue pour l’après-midi. Nous avons donc pris la route dans ce sens, en nous arrêtant à la Cordillera de la Sal, un point de vue superbe depuis le bord de la route.

Plus nous avancions, plus le ciel se faisait menaçant. Quand nous sommes arrivés à quelques kilomètres du lieu, une rivière infranchissable s’était formée, nous empêchant d’aller plus loin. Nous avons donc renoncé à voir ces paysages colorés, notamment la Rainbow Valley et avons fait demi-tour.

Bien que déçus, nous avons tout de même pu nous consoler d’une part avec les paysages sur la route qui sont très jolis et d’autre part, car nous avons rencontré une multitude de lamas sur le chemin !

 

Jour 3 – Vallée de la Luna et lagunas Escondidas de Baltinache

 

Cette journée a été notre préférée.

Nous avons passé la matinée dans un des plus beaux endroits du désert d’Atacama : la vallée de la Luna, une vaste étendue de sable mêlé à du sel et parsemée de crêtes, de pics et de dunes, tout un programme !

Attention, si vous y allez avec votre propre véhicule, l’accès n’est autorisé que le matin. Ensuite, le site est réservé pour les tours organisés. Il y a aussi la possibilité de louer un vélo dans San Pedro pour atteindre le lieu et se déplacer à l’intérieur.

Pour notre part, nous avons alterné les déplacements en voiture et les balades à pieds aux différents points d’intérêt. Avec le ticket d’entrée de 3000 CLP vous sera remis une carte détaillant des endroits où vous arrêter et les sentiers pédestres. Avec ce billet, vous avez également accès à un point de vue en dehors du site (le lookout Stone of Coyote) particulièrement agréable en fin de journée.

Nous avons été scotchés par la beauté du lieu, l’étendu que l’on a sous les yeux.

C’est un vrai incontournable du désert d’Atacama et la vallée de la Luna mérite qu’on y consacre plusieurs heures. C’était magique et lunaire !

La magie a continué l’après-midi puisque nous nous sommes rendus aux lagunas Escondidas Baltinache. Le trajet sur une piste de 2 heures est récompensé.

Perdues au milieu du désert, ces petites étendues d’eau à la couleur menthe glaciale donne l’impression d’être des mirages. C’est magnifique et c’est impossible de ne pas rester bouche bée.

Et comme si cela ne suffisait pas, les lagunes étant formées de sel (comme la laguna Cejar), on y flotte ! La baignade est encore une fois un grand moment de plénitude. Je crois que les photos valent mille mots…

L’accès à ces merveilles bleutées coûte 5000 CLP, il y a des douches et vestiaires sommaires pour se rincer après la baignade salée.

 

Jour 4 – Geysers del Tatio, Vallée de la Muerte et Pukara de Quitor

 

Nous savions que les orages avaient endommagés la route qui mène aux Geysers del Tatio. Nous avions tout de même l’espoir de réussir à les atteindre. Ce sont probablement les stars de la région d’Atacama. Le mieux est de les observer à leur réveil, au tout début du jour, avant 5 heures du matin.

Le denier jour, nous nous sommes donc levés très (très) tôt, mais nous avons été stoppés dès la sortie du village par un policier nous indiquant que la route était impraticable à cause des éboulements dus à de violents orages les jours précédents.

Nous avons évidemment été très déçus même si l’on s’y attendait.

Ne manquez pas cet endroit qui semble très impressionnant si vous en avez l’occasion et n’oubliez pas votre maillot de bain puisque le droit d’entrée permet de profiter des thermes fumants du site.

Après s’être octroyé une sieste matinale, nous avons visité deux endroits l’un à côté de l’autre : la Vallée de la Muerte et la Pukara de Quitor. Les deux sont facilement accessibles en vélo depuis San Pedro de Atacama si vous ne disposez pas de votre propre véhicule.

Le premier porte en fait officiellement le nom de Vallée de la Marte qui s’est au fil du temps transformé pour arriver au nom plus « vendeur » de vallée de la Muerte. Après l’entrée payante (3000 CLP) on traverse des petits canyons jusqu’à arriver sur le parking. De là, on se balade librement et on accède à des points de vue très sympa. Nous avons fini par le côté de la grande dune de sable. L’endroit est réquisitionné par les agences qui proposent de faire du sandboarding. Nous, on l’a descendue à pied et c’était cool aussi ! On a trouvé que le ciel plus gris que bleu donnait un aspect un peu tragique au moment (et aux photos).

Juste à quelques kilomètres se trouve la Pukara de Quitor, une forteresse érigée au XIIème siècle. Il reste encore des vestiges bien conservés. Un chemin mène à sa partie la plus haute où l’on passe sous son arche bien reconnaissable.  La balade est sympathique et change un peu de ce qu’on avait déjà vu puisqu’il y a un aspect historique mais ce n’est, selon nous, pas un incontournable, d’autant plus que l’accès est payant (3000 CLP).

La nuit dans le désert peut également être un vrai spectacle. Le ciel dans la région est réputé pour être l’un des plus purs du monde. D’ailleurs beaucoup d’observatoires y sont installés.

Rien qu’en vous éloignant des lumières de la ville et en levant la tête, si le ciel est dégagé, vous pourrez observer la voie lactée et des millions d’étoiles. Malheureusement, il y avait trop de nuages quand nous y étions pour en profiter. Plusieurs agences proposent également des « tours astronomiques » avec du matériel et des explications. Nous nous serions certainement laissés tenter si les conditions avaient été propices à une observation optimale.

Inutile de dire que nous avons adoré ces 4 jours dans la région d’Atacama. Pour nous, il est indispensable de s’y rendre lorsque l’on est au Chili. Atacama fait partie du « triangle magique et magnifique » avec Salta en Argentine et Uyuni en Bolivie.

Selon nous, il faut prévoir au minimum 3 jours pour vraiment profiter de ce lieu exceptionnel. En plus de ce que nous avions programmé sur 4 jours, une journée peut être ajoutée pour aller au Salar de Tara qui est actuellement fermé et inaccessible mais qui semble être un autre joyau.

La région d’Atacama est un gros coup de cœur. Nous avons quitté le Chili avec toutes ces images dans la tête et des étoiles (pas celles du ciel) plein les yeux.

 

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